ACTUALITÉ
15.02.12 Design au banc n°11 (tribune critique)
20.01-18.03.12 VIA DESIGN 2012 : les Aides à la Création (expo)
23.12.11 Lettre de l'Innovation n°45 : "Le meuble s'affiche" (publication)
08-31.12.11 b.a-ba, petites résurrections (expo)
25.11.11-01.01.12 Itinéraires design (expo)
01.12.11 Design au banc N°10 : "Politiques du design" (tribune critique)
30.09.11 Lettre de l'Innovation n°44 : "Espaces de vie[s] 2015" (publication)
05.10.11 Design au banc N°9 : "Design, ergonomie et performance" (tribune critique)
08.09.11-13.11.11 Objets d'exception 2011 (expo)
08.07.11-28.08.11 VIA / Les écoles de design / 2011 (expo)
| Exposition Galerie VIA / 07/07/06 - 17/09/06 vernissage le 06/07 à partir de 19h00 |
Sous le haut patronage de Monsieur Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre de la Culture et de la Communication et de Monsieur François Loos, Ministre délégué à l'Industrie.
VIA / les écoles de design 2006 Chaque année à l'été, après les soutenances de diplômes, VIA offre une tribune d'expression aux écoles de design, des Beaux-arts et d'Arts appliqués. A travers une sélection de travaux d'étudiants en fin de cycle, chacune d'entre elles présente ses spécificités en matière de formation en design.

L'exposition fait le choix d'un point de vue particulier
sur l'actualité du design français et ses personnalités
montantes : celui des expérimentations menées par les
étudiants au cours de leur cursus. Ce rendez-vous estival complète
la présentation organisée par VIA au sein du Salon international
du Meuble de Paris au mois de janvier.
Les écoles (une quinzaine) représentées montrent
la diversité de leurs formations. Une documentation de chacune
d'elles permet également au jeune public intéressé
par cette discipline de s'informer sur leurs spécificités.
Dans le cadre de sa mission de promotion et de valorisation des designers,
VIA entretient tout au long de l'année des relations privilégiées
avec une trentaine d'écoles de création en France et à
l'étranger. A ce titre, VIA finance des projets, participe aux
jurys de fin d'année, organise des conférences sur les thèmes
prospectifs qu'il a engagés, et accompagne des programmes pédagogiques.
Cette année, 16 écoles participent à l'exposition
annuelle du VIA, avec plus de 55 projets de leurs étudiants :
Ecole Camondo , Paris
E cole Supérieure d'Arts Appliqués - Boulle
, Paris
Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle-
Les Ateliers , Paris
Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs
, Paris
Ecole Supérieure d'Arts et de Design , Reims
Ecole Régionale des Beaux- Arts , Saint-Etienne
Institut d'Arts Visuels , Orléans
Ecole Supérieure d'Arts, Brest
Ecole d'Architecture de Bretagne , Rennes
Ecole Pivaut , Nantes
Institut Supérieur de Design , Valenciennes
Ecole Supérieure des Beaux-Arts, Marseille
Ecole d'Arts de la Communauté de l'Agglomération,
Annecy
Ecole Supérieure des Arts Décoratifs , Strasbourg
Université de Technologie, Compiègne
Ecole de Design Nantes - Atlantique
Les objets en
question
Tenter de faire connaître les écoles de design à travers
la présentation de quelques objets, prototypes ou maquettes conçus
dans un cadre pédagogique, se révèle toujours une
gageure.
Il est un fait, tout d'abord, que l'objet, exposé sur son piédestal,
efface du même coup toutes traces de la question posée lors
de sa conception. Il n'exprime souvent qu'imparfaitement la problématique
qui le fonde. Il ne dit pas non plus les multiples réponses qui
ont nourri le cahier d'idées et moins encore les scénarios
d'usage qui ont permis peu à peu d'affirmer et conforter un choix :
cet objet, posé là, à la fois solitaire et muet,
orphelin de ses origines, ne renvoyant le plus souvent qu'à lui
même.
Parce qu'ensuite cette prévalence donnée à l'objet
sur toute autre « manifestation créatrice »
pour améliorer notre quotidien peut faire croire au visiteur -
ignorant parfois des pratiques de cette nouvelle discipline - que le champ
du design se réduit exclusivement à la conception d'objet.
Une attitude qui, involontairement, délaisse les nouveaux territoires
ouverts par les technologies de l'information ou occulte tout le potentiel
de transformation sociale que recouvre la notion de services.
Parce qu'enfin l'objet ainsi sacralisé ferait fi, par inconscience,
manque de perspective ou stratégie personnelle de son concepteur,
des grandes interrogations de notre temps - les questions relatives
à l'épuisement des ressources, le réchauffement de
la planète, etc… - que l'on impute le plus souvent aux conséquences
de la surproduction de biens.
Inintelligibilité des intentions, ombre portée sur la diversité
de la discipline et sur les enjeux du temps formeraient, ainsi, les trois
écueils du genre. Ce serait pourtant réducteur que d'en
conclure que cette présence obstinée de l'objet ne serait
pas en même temps sa mise en question.
L'engouement inégalé que suscite aujourd'hui le design (pris
dans son sens commun) correspond exactement au reflux de la production
industrielle dans les pays développés. Phénomène
paradoxal pour un métier qui est né précisément
de l'ère industrielle et se voit, en quelque sorte, légitimé
pour accompagner le passage vers une société post-industrielle.
C'est à partir de ce bouleversement pressenti, celui encore diffus
d'un glissement d'un monde où l'accès aux objets, leur abondance
- liés à la grande idée démocratique de
l'émancipation de l'individu - étaient l'un des principaux
vecteurs de civilisation vers un autre monde, encore incertain, mais
dont on préfigure déjà l'économie, que les
étudiants tentent de poser quelques jalons.
Si les objets comme le soutiennent les anthropologues nous constituent,
ils sont aussi un miroir. Ils ont bien des choses à nous révéler
sur nous-mêmes et nos comportements. C'est, nous semble-t-il, une
des qualités de l'enseignement aujourd'hui que de ne plus seulement
aborder les différentes valeurs qui constituent les objets (économique,
fonctionnelle, d'usage, d'estime, écologique, symbolique, etc…)
mais de remettre en cause leur hiérarchie, à l'aune des
enjeux liés à notre devenir.
Peut-être, est-ce ainsi qu'il faut regarder tous ces projets exposés ?…
Michel Bouisson - commissaire de l'exposition
Signature
Le soir du vernissage : signature du livre ‘Jacques
Viénot – Pionnier de l'esthétique industrielle en France'
par l'auteur, Jocelyne Le Bœuf (Presses Universitaires de Rennes) .