ACTUALITÉ
06.07.10 Guide pratique du métier de designer (publication)
07.07.10-29.08.10 VIA / les écoles de design 10 (expo)
04.06.10-20.06.10 Objets d'exception : design et métiers d'art (expo)
12.05.10 Design au banc N°3 : " Qualité de l'habitat " (table ronde)
05.05.10-30.06.10 Paris / Design en mutation (expo)
29.04.10-09.05.10 Design sous influences (expo)
28.04.10 Aides à la Création VIA 2011 - les résultats (Aides à la Création)
31.03.10 Design au banc N°2 : " Demain ! ... " (table ronde)
11.02.10-26.09.10 Matières à cultiver - Saint-Etienne (expo)
29.01.10 Design au banc N°1 : " Histoire, mémoire " (table ronde)
| Publication VIA |

En premier lieu, cet ouvrage propose une lecture
actualisée de l’évolution de la société
et des facteurs d’influence à moyen et à long terme
: après avoir notamment traité de la crise et des crises (alimentaire,
financière, économique, énergétique, écologique,
de la consommation, etc.), du développement d’un monde bipolaire
où l’écart entre les riches et les pauvres ne cesse
de s’accentuer, les auteurs offrent un panorama prospectif des évolutions
technologiques susceptibles de modifier notre société et les
conséquences à moyen terme sur nos motivations. Domovision
conclut cette première partie par un regroupement des grandes tendances
à moyen terme en cinq grandes familles (bien-être, ergonomie,
origines, plaisir, altérité) qui elles-mêmes déterminent
ou vont déterminer notre cadre de vie.
Dans une deuxième partie, Domovision met l’accent sur le profond
changement que connaissent nos sociétés occidentales dû
à la fois au vieillissement de la population (10 millions de
Français de plus de 65 ans en 2008, soit près de 20 %
de la population) qui représente un énorme potentiel (les
seniors détiennent actuellement en France 45 % du pouvoir d’achat),
à l’augmentation du nombre de postadolescents, les fameux «
adulescents » vivant le plus tard possible chez leurs parents, et
à la diversité des structures familiales. Domovision identifie
ainsi les besoins de ces nouvelles nations intergénérationnelles
en plein essor : modularité et adaptation aux espaces, autonomie
et services à domicile, domotique… Ces enjeux représentent
de réelles opportunités en termes de développement
de nouveaux produits, agencements et services.
Enfin, dans la dernière partie, après avoir dressé
un panorama du marché mondial du meuble, actuel et à moyen
terme, Domovision présente une photographie des grands courants de
création d’aujourd’hui et de leurs tendances d’évolution.
Ce chapitre met en avant la diversité et la richesse des registres
d’expression qui représentent autant de sources d’inspiration
pour la création de nouveaux produits ou le rajeunissement des collections
existantes.
Conçu et dirigé par Gérard Laizé, directeur
du général du VIA (Valorisation de l’innovation dans
l’ameublement), et co-écrit par Frédéric Loeb,
directeur du cabinet d’études prospectives &Loeb Innovation,
Domovision s’appuie sur une méthodologie rigoureuse. Il constitue
une synthèse des études et des analyses actuelles adaptées
au cadre de vie et se singularise par une iconographie riche et approfondie
qui en facilite l’accessibilité. Domovision s’inscrit
parfaitement dans la mission du VIA qui est, rappelons-le, de promouvoir
la création et l’innovation dans le secteur de l’aménagement
du cadre de vie, en facilitant, notamment, la mise en relation des créatifs
et des industriels.
TOP 
Les facteurs d'influence à long
et moyen terme
et leurs conséquences sur l'offre produit / service
Représentation d’un mouvement
évolutif permanent, une « tendance » se doit d’anticiper
une évolution dans un espace-temps donné. Partant de ce constat,
les auteurs de Domovision consacrent un premier chapitre aux facteurs d’influence
à long et moyen termes qui déterminent les modes de vie, les
motivations des consommateurs et leur conséquence sur l’offre
produit/service.
La première crise "sept en un"
Premier facteur d’influence : la crise, qualifiée
de première crise « sept en un », qui sera longue et
se déclinera en crise financière, crise économique,
absence d’une grande monnaie de réserve internationale, crise
de la consommation, crise alimentaire, crise énergétique et
crise écologique. Domovision dresse ainsi un tableau sur chacune
de ces crises, chiffres et études à l’appui. Exemples
significatifs : en termes d’alimentation, les populations mal nourries
qui représentaient 500 millions de personnes en 2006 sont aujourd’hui
1 milliard. Il faudrait ainsi investir quelque 30 milliards de
dollars par an jusqu’en 2050 et doubler la production agricole vivrière
pour résoudre la crise alimentaire.
Observant à juste titre que nous vivons dans un monde qui ne sait
plus gérer ses excès, les auteurs s’interrogent également
sur un éventuel krach écologique en 2030, indiquant notamment
que 80 % des océans sont pollués, que l’eau devient
une denrée coûteuse (+ 300 % d’augmentation
du prix entre 1985 et 2005) et rare (en 2025, une personne sur deux dans
le monde risque de manquer d’eau), que la biodiversité est
en cours de destruction (13 milliards d’hectares de forêt
disparaissent chaque année), que l’ampleur des déséquilibres
entre les populations mondiales ne cessent de s’accentuer (un seul
pays, les États-Unis, qui représente moins de 5 % de
la population mondiale, consomme près de 50 % de l’énergie
de la planète).
Le développement d'un monde
multipolaire
Autre facteur d’influence : le développement
d’un monde multipolaire. Ainsi, on observe aujourd’hui qu’un
nouvel équilibre des pouvoirs planétaires, structurés
par les échanges commerciaux, s’opère entre les trois
grands pôles économiques mondiaux – l’Amérique
du Nord, l’Asie, l’Europe – ainsi que la Russie,
l’Inde et une partie de l’Amérique du Sud, mais que le
monde est de plus en plus fragilisé par les déséquilibres.
Résultat : l’écart entre les pays riches et les pays
pauvres s’accentue, cet écart étant passé de
1 à 30 en 1960 jusqu’à 1 à 80 aujourd’hui.
En cinquante ans, le nombre de riches a doublé quand celui des pauvres
a triplé. En 2008, on décomptait près de 11 millions
de millionnaires en dollars sur la planète (+ 11 % en un
an) avec un patrimoine global de 40 700 milliards de dollars.
Pourtant, dans le monde, 3 milliards de personnes vivent avec moins
de 2 dollars par jour, 1 milliard ne sait ni lire, ni écrire,
1 000 personnes meurent de faim chaque jour. Autres fractures
: entre les pays à forte natalité (50 % de la population
algérienne a moins de 20 ans) et ceux qui vieillissent (32 %
des ménages français auront plus de 60 ans en 2030),
entre les métropoles urbaines et la campagne, entre les familles
« normées » ou vivant en union libre et celles recomposées
ou monoparentales, entre la population active et les chercheurs d’emploi…
A long terme, que des bonnes nouvelles !
De ce contexte général actuel plutôt alarmant, les auteurs
de Domovision ne nous annoncent pourtant sur le long terme « que des
bonnes nouvelles » puisque, selon eux, d’une économie
de forces brutes, nous sommes passés à une économie
de l’intelligence, le savoir étant certes la ressource primordiale
de notre civilisation, mais pas une fin en soi si l’on parle d’acquisition.
Il s’agira en effet d’apprendre à transformer l’information
en connaissance. Ainsi « la crise de la fin de la première
décennie du siècle devrait accélérer la transformation
vertueuse de la masse inouïe de connaissances accumulées en
facteurs d’amélioration de la vie quotidienne des hommes sur
terre ».
Partant de ce constat, Domovision dresse un panorama prospectif des évolutions
technologiques. On retiendra notamment qu’« on ira plus vite…
moins loin », sachant qu’il y aura à la fois une emprise
grandissante des flux d’information et une véritable influence
du surenchérissement du coût de l’énergie (moins
de transport aérien et automobile). Autre exemple : les progrès
fulgurants des nanotechnologies devraient permettre la reproduction parfaite
et infinie d’objets et de matières, leur adaptation et leur
transformation de l’intérieur. On peut ainsi imaginer des micro-usines
produisant des micro-engrenages, des opérations chirurgicales, des
implants mammaires par intraveineuse, des missiles de croisière ramollissant
des chars, des machines à produire des légumes survitaminés,
la dissolution des astéroïdes avant leur arrivée sur
terre, la reconfiguration chimique de l’atmosphère terrestre,
des véhicules sans conducteurs, etc. Les robots feront eux aussi
partie de notre quotidien, le Japon ayant fait d’ores et déjà
de la robotique domestique une de ses priorités pour ce siècle
et la Corée du Sud ayant prévu un robot dans chaque foyer
dès 2015. De même, les nouvelles technologies des puces biologiques
recèlent un potentiel inouï, celui de nous faire vivre au même
rythme que la machine qui ressentira ainsi nos émotions, nos envies
et suivra nos moindres faits et gestes.
Une quête de profit rend "écoptimiste"
Les progrès scientifiques et technologiques devraient également,
selon Domovision, nous aider à lutter contre les différents
déséquilibres écologiques. Ainsi, le marché
mondial des produits et services environnementaux approchera les 3 000 milliards
de dollars en 2020. De nombreuses initiatives ont déjà été
couronnées de succès : les automobiles européennes,
par exemple, polluent dix fois moins qu’il y a dix ans. Des moteurs
hybrides accessibles devraient voir le jour ainsi que des voitures électriques
avec un déploiement massif à partir de 2010-2012 ; des
centrales solaires jour/nuit sont en construction en Espagne avec stockage
de chaleur par du sel fondu, etc.
Les conséquences et les enjeux pour le cadre de vie
- le bien-être ou le rapport au corps. La société
de consommation a engendré un progrès scientifique et technologique
autorisant une société d’abondance et surtout une amélioration
des conditions d’hygiène et de santé de l’ensemble
de la population du monde occidental. « La santé parfaite devient
ainsi un Graal pour beaucoup de consommateurs et tout ce qui peut lui porter
atteinte est rejeté. » D’où le besoin d’innocuité
qui se traduit, en termes de cadre de vie, notamment par des revêtements
de surface retardant le dépôt de poussières et d’impuretés,
des meubles de plus en plus adaptés au corps, l’utilisation
de matériaux antichoc, un design aux formes douces et à terme
le développement des textiles biocides (fongicides, antibactériens,
antiviraux…), protecteurs qui isolent des ondes émises par
les appareils électriques, thermochromes (qui changent de couleur
selon la température), etc.
L’abondance ou son absence génère le stress et donc
la recherche de solutions antistress qui se matérialisent principalement
par l’installation de dispositifs de surveillance, par l’apparition
d’une nouvelle génération de sièges avec appuie-tête
et repose-pieds, par le développement de spas et de la thalassothérapie
à domicile.
De même, la nécessité de la performance exige tonicité
et vitalité d’où la présence de puces électroniques
et de vêtements intelligents, le développement des nanotechnologies
et nouvelles interfaces homme/machine (appareils de fitness et de musculation
connectés au corps par des puces). Cela sous-entend également
une santé holistique, une harmonie globale, ce qui signifie des isolations
sonores, l’aspiration des mauvaises odeurs, la microdiffusion de fragrances
grâce à des boîtiers électroniques, la luminothérapie,
la chromathérapie…
À cela s’ajoute le besoin de rester jeune éternellement,
l’envie de projeter une image de jouvence, ce qui se traduit par la
présence de matériaux high-tech (mémoire de forme,
plastiques et mousses polyuréthane antichoc, verre incassable), une
ergonomie adaptable aux changements morphologiques, des fonctions hospitalières
intégrées au mobilier… Dans le prolongement de la jouvence,
la maîtrise individuelle de sa survie semble être la seule garantie.
Autrement dit, je gère ma vie et mon environnement comme je l’entends,
ce qui signifie des meubles sur roulettes légers et faciles à
déplacer, des écrans dans toutes les pièces (essor
des technologies d’écrans ultrafins, bientôt roulables
et pliables), des systèmes de décoration interchangeables
qui rappellent le principe du décor de théâtre ;
- l’ergonomie ou le rapport aux choses. Quand on est en bonne
santé, on s’intéresse aux grandes tendances d’ergonomie
et on prend son destin en main avec cette envie d’obtenir «
tout, tout de suite ». Cela signifie tout d’abord un certain
art de vivre où les valeurs matérielles sont aujourd’hui
pondérées par des dimensions immatérielles qui doivent
relever de dimensions psychologiques et polysensorielles. Cela signifie
un art de vivre où les matériaux doivent être authentiques
et simples (essences nobles comme le châtaignier, l’ébène,
le chêne), les peintures avec des couleurs changeantes, avec des systèmes
de sonorisation et de gestion des ambiances lumineuses. Cela implique aussi
le confort (assises personnalisées, design modulable, nouvelle occupation
de l’espace, notamment au sol, relaxation), l’assistance (capteurs
infrarouges installés dans toute la maison, meubles, sanitaires et
lits à l’ergonomie adaptée aux soins médicalisés,
à long terme robots – assistants à domicile), tout,
tout de suite (nouveaux services en ligne et de livraison à domicile,
disponibilité du stock produit, qualité des montages à
domicile). Enfin, cela induit la mobilité (facilité d’usage,
résistance, légèreté, packagings plus faciles
à transporter, lieux de plus en plus fonctionnels, intégration
de l’intelligence artificielle et de l’informatique communicante),
la praticité (adaptabilité des fonctionnalités, notices
d’utilisation simplifiées, télécommandes, modularité,
etc.) et accessibilité (libre-service achat/livraison 24 heures
sur 24, location évolutive-prêt, options dimensionnelles des
lits, tables, fauteuils) ;
- les origines ou le rapport au temps. Elles déterminent
les attitudes de l’identité à l’éthique
où la tradition devient un repère et une preuve de qualité.
Apparaissent également une nouvelle nature ethnique, un métissage,
un retour aux sources. Cela s’accompagne d’un refus des signes
de consommation comme les marques, ou au contraire par le ralliement derrière
des marques fortes sur le plan de l’éthique et du développement
durable. Cela se manifeste aussi par la notion d’identité (meubles
ayant une « âme », réinterprétation de grands
classiques, meubles sur mesure et « à la carte », customisés
et personnalisés), par un imaginaire éthique et le goût
du métissage (meubles de province ou aux inspirations d’origines
les plus lointaines, sites Internet personnels et sites interactifs [blogs],
collections thématiques). Une volonté de ralentir la vie est
également générée, ainsi qu’un certain
retour aux sources, la temporisation (matériaux et produits authentiques,
matières naturelles rares, fabrication artisanale, valorisation du
fait main), un besoin de sens, d’éthique (labels et certifications
de qualité [par exemple, AOC pour le bois], engagement éthique,
chartes de bonne pratique, reversement d’une partie des bénéfices
des ventes à des associations…) ;
- le plaisir ou le rapport à soi. L’hédonisme
devient une quête universelle ; il prend diverses formes et commence
par la découverte d’autres univers. Il est aussi vite régressif
: souvenirs d’enfance, facilité ludique. En termes de cadre
de vie, cela se traduit par le plaisir de la découverte (nouvelles
matières, textures et formes qui procurent une expérience
comme des pigments interférentiels, sites d’apprentissage en
ligne, sites Internet donnant accès à des récits, des
images, des informations thématiques), de la créativité
(des produits en kit à monter soi-même, des kits de restauration
de meuble, des coachs de loisirs créatifs en ligne et en temps réel,
des panneaux numériques souples, aux décors changeants).
Le plaisir est aussi source de régression (styles historiques revisités),
de narcissisme (décoration show-off, style ostentatoire [Grand Siècle
revisité, dorures…]), technologie ostentatoire comme les grands
écrans LCD, chaînes hi-fi design, home cinema…), d’hédonisme
(micro-encapsulation d’une substance parfumante, produits disponibles
24 heures sur 24, plaisir du toucher, de l’aspect, de la couleur,
déformation de la trame des textiles pour créer des reflets
ondoyants, des effets de lumière, des packagings sensoriels). Enfin
le plaisir suggère les sensations fortes et l’éclate
(surenchère technologique et réalité virtuelle, éléments
multifonctions de plus en plus intégrés, matériaux
et textiles de plus en plus technologiques, meubles permettant des sensations
physiques inédites) et peut aller jusqu’à la transgression
de l’ordre établi (nouveaux matériaux et détournement
de l’ancien, habillage de meubles et tissus de décoration en
matériaux détournés comme le vinyle, tissus passés
à l’acide) ;
- l’altérité ou le rapport aux autres qui conditionne
nos usages et nos attitudes en affirmant notamment sa différence,
ce qui sous-entend le statut (branding, logo, signes plus ou moins discrets,
formes et design automatiquement reconnaissables, séries limitées,
collectors, sur-mesure, surdimensionnement). Cela induit également
un nouveau rapport à deux (nouveaux meubles pour deux comme le siège
deux places, la douche pour deux, le lit deux places avec réglage
de l’inclinaison séparée), de l’émotionnel
(technologies des luminaires au service de l’émotion, aromathérapie,
robotique domestique), le recentrage sur le clan (électroménager
à grande capacité, meuble de grande taille, mobilier modulaire
ou mobile). Cela suppose également l’auto-émancipation,
le self empowerment (recherche du meilleur rapport qualité/prix,
court-circuitage les réseaux classiques de distribution, fabrication
de meubles sur mesure et à la carte, nouveaux services d’assistance
aux consommateurs, besoin de sens face à un monde mercantile par
les techniques du feng shui et des aménagements « spirituels
» de la maison, zones de méditation, exigences de transparence
et d’éthique, information sur les labels de qualité,
certifications type AOC). Enfin, le plaisir peut conduire à vouloir
se préserver jusqu’à l’extrême et donc jusqu’à
la névrose (pièces de sécurité calfeutrées,
vidéosurveillance, revêtements haute protection, ultrarésistant,
système de filtres de l’air, de l’eau, protection antibruits).
TOP 
De nouvelles nations intergénérationnelles
:
adulescents / parents / seniors et leurs
besoins
Domovision consacre un chapitre entier au vieillissement inéluctable
et mondial de la population, aux modifications des structures familiales
entre allongement de la durée de vie et refus de l’âge
qui créent de nouveaux besoins et de nouvelles motivations, rapprochant
ainsi les plus jeunes des plus âgés. Les progrès technologiques
seront également déterminants dans l’aménagement
du cadre de vie des seniors.
Un vieillissement mondial
Tout d’abord des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. En
2008, dans le monde, 700 millions de personnes ont plus de 60 ans
et 20 % des Européens ont plus de 65 ans. En 2050, dans
le monde, 1,9 milliard de personnes auront plus de 60 ans et,
selon une étude Nature, un tiers de la population aura plus de 60 ans
à la fin de ce siècle contre 10 % en 2000. Une proportion
atteinte par l’Europe des 27 dès 2060, par la France en 2050
et par le Japon en 2030. Il y a ainsi aujourd’hui en France 15 millions
de grands-parents, plus de 9 000 centenaires et 25 % des
ménages actuels possèdent un âge moyen de plus de 60 ans
avec une évolution prévisible de 32 % en 2030. Les plus
de 65 ans sont 10,3 millions en 2008 sur une population française
totale de 63,4 millions, même si la France reste paradoxalement
un pays jeune au sein de l’Europe, comparée à l’Allemagne,
l’Italie, l’Espagne et les pays de l’Est.
Ainsi, la consommation est déjà et sera de plus en plus le
fait des seniors, sachant qu’en France, ils détiennent actuellement
45 % du pouvoir d’achat. Leur consommation a augmenté
de 64 % entre 1977 et 1993, contre 22 % pour l’ensemble
de la population. Peu endettés, ils représentent 72 %
des contribuables soumis à l’ISF. D’ici vingt ans, cette
tranche d’âge possédera les deux tiers du patrimoine
français et représente déjà entre 40 %
et 60 % de n’importe quel marché de consommation, de service
et d’équipement.
Quatre générations de seniors
Après avoir identifié quatre grandes catégories des
seniors – les masters ou baby-boomers (50/59 ans), les libérés
(60/75 ans), les retirés ou paisibles (75/85 ans), les
grands aînés ou très grands vieux (85 ans et plus) –,
Domovision évoque la vie des jeunes seniors (38 % des seniors
français) qu’il qualifie de « seniors jouisseurs »
(redécouverte de la vie de couple ou recherche de l’âme
soeur sur Internet ou dans des séances de speed-dating…). Dotés
des plus forts revenus, ils sont les premiers acheteurs de voitures, de
produits de luxe, de cosmétiques, d’équipements de fitness
et, n’ayant plus d’enfants à charge, ils ont tendance
à réduire les surfaces de leur habitation principale et à
changer le mobilier : des appartements de centre-ville au mobilier de «
jeune Habitat » plutôt que des pavillons de banlieue à
l’aménagement traditionnel.
Quant aux seniors de plus de 65 ans, ce sont ceux qui coûtent
le plus cher. Les dépenses de santé sont 2,6 fois supérieures
à la moyenne de la population française pour les plus de 65 ans
et 4,5 fois pour les plus de 85 ans. Malgré le nombre croissant
de personnes dépendantes (un million de Français de plus de
60 ans en 2008), 52 % des Français sont favorables au maintien
à domicile et neuf personnes sur dix vivent à domicile jusqu’à
85 ans.
La maison intergénérationnelle de rêve
Dès lors, après avoir évoqué le comportement
des « adulescents », proche de celui des « jeunes seniors
», et les nouvelles structures familiales (augmentation des familles
recomposées, monoparentales, des célibataires) qui engendrent
un cadre de vie plus modulaire, Domovision insiste sur la dépendance
générationnelle, sachant que près de six Français
sur dix ont déjà été confrontés à
ce problème, et imagine ainsi la maison intergénérationnelle
de rêve : une pour tous et chacun la sienne.
La pièce de séjour sera occupée par un grand nombre
de générations. Il faudra ainsi répondre à toutes
les postures choisies en fonction du moment, de l’activité,
de la morphologie ou de la génération.
Des aménagements intérieurs spécifiques et adaptés
à un habitat senior seront bien évidemment nécessaires.
Tout d’abord, les déplacements seront facilités par
la suppression de portes inutiles, par l’installation de monte-escalier
électriques, de rampes, de barres d’appui. Demain, des déambulateurs
intelligents anticiperont les mouvements et compenseront les déséquilibres.
Les fils électriques seront rangés dans des protège-fils
ou gainés sur les murs. Les interrupteurs et variateurs, les prises
électriques seront installés à un mètre de hauteur,
voire remplacés par des capteurs automatiques. Des commandes numériques
ou vocales permettront l’ouverture des volets roulants, la régulation
du chauffage, de la climatisation, de la lumière, la télésurveillance.
Les technologies domotiques assureront également la surveillance
et la gestion des fuites de gaz ou d’eau, la prévention des
chutes, etc. Issus de la prochaine génération technologique,
des robots assistants de vie feront le ménage, aideront aux déplacements
et à la toilette comme le robot japonais Ri-Man. Le cahier des charges
de l’adaptation du cadre de vie des seniors tient ainsi en trois mots
clés : confort d’utilisation, sécurité et assistance.
Un mobilier confortable et une lumière vivante. Les sièges
des seniors, notamment, seront adaptés au corps avec des hauteurs
et des angles d’assise spécifiques, un dossier haut, inclinable
et réglable pour soutenir le dos et la nuque, des accoudoirs et des
repose-pieds rabattables et amovibles, le levage du fauteuil étant
automatisé grâce à des moteurs électriques issus
de l’industrie automobile. Ce cahier des charges devra être
transcendé par les designers car, souligne Domovision, « malheureusement
en 2008, confort rime trop souvent avec laideur ». Quant à
la lumière des pièces, elle sera également adaptée
à une vision qui faiblit grâce à plusieurs sources de
lumière orientables et d’intensité réglable.
De même les lits devront être plus hauts, avec une têtière
relevable, équipés de systèmes de réglage électrifiés,
etc.
La cuisine ou l’ergonomie du plaisir et de l’autonomie. Cela
signifie des aménagements spécifiques : étagères
de placard rotatives ou basculantes, portes et tiroirs télécommandés
à distance, plans de travail de différentes hauteurs, le tout
pouvant être utilisé en position debout, assise, évier
peu profond avec robinet à levier, etc. En termes d’électroménager,
on retiendra des fours dont le contenu coulisse à la verticale, des
lave-vaisselle, des machines à laver encastrables à hauteur
d’homme, etc.
La salle de bains devient de plus en plus une salle de soins dans laquelle
le senior se revitalise et se réénergise. Le plan de maquillage
et de soins du visage sera à hauteur d’assise, les vasques
de lavabo seront sans pied pour pouvoir approcher son fauteuil roulant,
le sol sera en matière plastique antidérapante, etc. La douche
est recommandée au détriment de la baignoire difficile d’accès
et moins tonifiante. Ainsi la douche « à l’italienne
» accessible même en fauteuil roulant, au receveur de douche
au nu du sol avec un petit siège relevable au mur devient la règle.
Les douches intègrent également des équipements de
plus en plus sophistiqués et deviennent de vraies pièces avec
en particulier des mitigeurs électroniques programmés et à
détection de mouvements, etc.
Les jardins et balcons. Un logement « végétalisé
» est une des plus grandes aspirations des seniors, sachant que 58 %
des ménages français possèdent un ou plusieurs jardins
et que 21 % possèdent une terrasse ou un balcon. Le nombre de
jardins a ainsi doublé en France en trente ans (13 millions)
et le jardinage amateur pèserait plus que la consommation en équipement
informatique. Les jardins et les balcons restent pour les seniors les meilleures
sources d’énergie pour se régénérer et
oublier les outrages du temps. Ils jardinent d’ailleurs plus que les
plus jeunes (76 % contre 69 %).
Domovision conclut ce chapitre d’une part sur la mission polysensorielle
des industries de cadre de vie, les cinq sens étant des fonctions
« vitalité » des seniors, qui font souvent preuve d’un
hédonisme que ne renieraient pas les « adulescents »,
et d’autre part sur la nécessité de réadapter
les villes et les commerces aux seniors.
TOP 
Une photographie des grands courants de
création d'aujourd'hui
et leurs tendances d'évolution
Domovision évoque dans ce dernier chapitre les influences
sociologiques et technologiques qui vont structurer le cadre de vie des
prochaines années.
Des styles aux courants de création
Émergence des identités nationales et régionales, dynamisme
concurrentiel, développement durable… Dans ce contexte, le
marché de l’ameublement répartit actuellement son offre
sur trois axes majeurs : les styles classiques inspirés du patrimoine
historique de chaque région de fabrication traditionnelle en majorité
en bois massif (29 % du marché français en valeur, 16 %
en volume), le style dit actuel composé en grande majorité
de produits de grande diffusion en kit, fabriqués à partir
de panneaux de particules (71 % du marché français 2006
en valeur, 84 % en volume), les produits contemporains signés
par des designers de renom qui expérimentent les nouveaux matériaux
et technologies (environ 5 % du marché français 2006).
Au plan des mentalités, on note que la création contemporaine
est mieux acceptée dans les pays scandinaves, nordiques et germaniques
que dans certains pays du sud de l’Europe. Sur le continent américain,
la recherche d’historicité prédomine aux États-Unis
alors qu’au Brésil, on affiche plus volontiers sa modernité
en acquérant des mobiliers et des objets contemporains.
Concernant les « nouveaux riches », russes ou chinois, leur
intérêt pour les styles classiques français du xviiie siècle
trouve une explication avec leur culture passée. Enfin, on ne peut
comprendre le marché sans considérer le poids de la distribution
et notamment la part de marché des grandes chaînes «
discount » (48 % du marché en France).
Le cadre de vie : une richesse pour l'Europe
Premier marché du monde pour le secteur du meuble avec un chiffre
d’affaires de 114 milliards d’euros en 2006, l’Europe
reste également le premier marché à l’exportation
pour chaque pays de l’Union qui y effectue en moyenne 70 % de
leurs échanges.
Dans ce contexte, deux facteurs majeurs expliquent l’émergence
de multiples courants de création : la diversité des cultures
européennes et l’élévation du niveau d’éducation
qui favorise le besoin de personnalisation. Cette prolifération de
genres d’expression créative confère à l’Europe
un leadership mondial incontestable en matière de création
avec des potentiels différents selon les pays.
Les nouvelles nations de talents
Tout d’abord l’Asie avec le Japon, la Corée et la Chine,
mais aussi l’Amérique latine avec notamment le Mexique et le
Chili qui envisagent de s’appuyer sur le design associé aux
métiers d’art locaux pour affirmer leur identité. Demain
ce sera également le cas de l’Islande, de l’Irlande,
du Maroc ou de la Tunisie.
Au-delà, ce sont les marques, nouvelles nations transnationales,
qui impriment un esprit d’origine du design. En effet, il n’y
aurait pas de reconnaissance du design italien sans Alfa Romeo, Cappellini,
Alessi, pas de design allemand sans Mercedes, AEG, pas de design français
sans Renault ou CitroÎn, Seb et les marques de luxe.
Classification des courants de création
Domovision met ici l’accent sur la différence de perception
entre professionnels et consommateurs français en s’appuyant
sur une étude qui traduit les grandes masses d’influence des
courants de création sur l’intérieur des Français
perçus par eux-mêmes. Ainsi, le courant de création
qui domine dans l’intérieur des Français est «
styles classiques revisités » (54 %), alors que le «
design high-tech/design d’édition » et le « design
et craft, de marque, galerie » obtiennent respectivement 6 %.
Les grands principes transversaux de conception
Selon Domovision, cinq grands principes transversaux font la différence
quels que soient la tendance,
le courant, le style, et se retrouvent dans la plupart des propositions
créatives actuelles : Le confort, une valeur qui monte puisqu’à
l’ère des attitudes décontractées et du multimédia,
nous vivons de plus en plus souvent assis ; L’asymétrie,
comme facteur d’ergonomie, sachant que toutes les morphologies et
par conséquent
les postures et tous les gestes sont dissymétriques ; La modularité,
pour mieux répondre à une famille à géométrie
variable ; La personnalisation, pour répondre à une revendication
légitime d’un client éduqué qui cherche
à se distinguer des autres ; L’éco-conception qui
constitue le grand enjeu du siècle et sera intégré
à la base même de la conception.
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Quatre grandes familles de courants de
création
Aujourd’hui, quatre grands points d’ancrage structurent les
courants de création : les influences technologiques et fonctionnelles.
Les qualités structurantes et mécaniques des matériaux,
les performances des nouvelles technologies et des procédés
de fabrication influencent le design des produits. Elles génèrent
le design expérimental, la partie la plus avant-gardiste du design,
en ligne avec les évolutions technologiques, le design high-tech
qui explore les qualités structurantes des matériaux et des
techniques industrielles, et le design light, qui permet un usage accessible
des nouveaux matériaux de l’informatique ; les influences
socioculturelles. Le produit est support d’un esprit, d’une
posture qui inspire un discours narratif. On raisonne alors en termes de
produits décoratifs. Il en découle les styles historiques
revisités dont émergent plusieurs expressions comme le style
« grand maison », dans l’esprit des maisons de famille,
la notion de charme provincial et l’esprit brocante, le design classique
actuel qui traduit le plus fidèlement l’esprit des «
arts décoratifs français », le design néobaroque
qui correspond à l’évolution de l’évolution
de la tradition « ornementaliste » transcendée par les
nouvelles technologies, le design rétro et rééditions,
un phénomène récent qui donne lieu à la réédition
de pièces de la première génération des designers,
le design ethnique qui fait appel à la recherche d’un exotisme
qui s’étend des provinces d’Europe à tous les
pays du monde ; les influences éthiques. Les matières
naturelles sont sublimées en faisant ressortir les veines, les textures…
avec des finitions sophistiquées qui expriment l’idée
d’une nature maîtrisée. Ces influences se retrouvent
à travers le design brut naturel, un mouvement récent, attaché
aux matériaux naturels, ce qui n’exclut pas un dessin recherché,
actuel et inattendu. Autre expression : l’éco-design, qui affiche
formellement une volonté de prendre en considération les questions
de respect de l’environnement et du recyclage des produits ;
– les influences artistiques. Elles sont le fruit d’expérimentations.
La finalité est toujours la même : la recherche de l’exceptionnel,
de la rareté, voire de l’unique pour intéresser en premier
lieu les collectionneurs, les galeries, les marques. Elles s’expriment
à travers le design et les métiers d’art qui réconcilient
les savoir-faire traditionnels et la création contemporaine (pièces
uniques ou petites séries pouvant avoir valeur de prototypes avant
modélisation industrielle), le design de marque, qui permet aux grandes
marques de prestige de promouvoir une image dynamique et actuelle, le design
galerie, le courant le plus marginal, qui privilégie un parti pris
créatif personnel très engagé, qui utilise des techniques
artisanales produisant des petites séries limitées, parfois
numérotées.
L'expression des courants actuels de création et leur tendance d'évolution
Après un exposé intéressant, intitulé «
Les tendances au crible de l’imaginaire des années à
venir », les auteurs de Domovision proposent en dernière partie
une palette des courants de création des années à venir
(2009-20011), largement illustrés. Parmi les quinze expressions proposées,
citons l’expression « écotech » du design high-tech
où l’expérimentation écologique comme sophistication
des technologies de l’art de vivre (en période de crise, les
imaginaires veulent faire disparaître la technologie) ; l’expression
« Lego pop » du design light, sachant que le design pop fait
partie des grandes sources d’inspiration depuis les années 60 ;
l’expression « Circus Circus » du design d’édition
où la couleur vive, le fun et le ludique triomphent ; l’expression
« Napoli Pucci » des styles historiques revisités, preuve
que la copie d’ancien a besoin de renouvellement pour conserver une
certaine actualité ; l’expression « Material Skin
» du design actuel classique qui démontre combien les «
arts décoratifs » se perpétue avec une élégance
hors du temps ; l’expression « Surealistic » du design
néobaroque qui, après la rigueur du minimalisme et l’égoïsme
« bling-bling », se veut généreux et débridé ;
l’expression « Silk Jaipur » du design ethnique ou le
goût d’ailleurs, le rêve de périple absolu ;
ou encore l’expression « Bricolo fun » de l’éco-design,
l’expression « Cosmic mineral » du design brut naturel…
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La mission du VIA
VIA / Valorisation de l'innovation dans l'Ameublement
Plate-forme unique au monde, le VIA promeut la création dans
le secteur de l’aménagement et de l’équipement
du cadre de vie domestique, professionnel ou urbain. Il favorise les échanges
entre designers, directeurs artistiques, industriels et distributeurs, et
accompagne les professionnels dans leur développement. Son programme
annuel d’aide à la création finance les prototypes des
talents de demain. Observateur de la scène internationale, ce laboratoire
détecte les facteurs d’évolution du cadre de vie à
long et moyen termes et les restitue au travers de conférences et
d’études prospectives. Il présente chaque année
une dizaine d’expositions dans sa galerie parisienne ainsi que dans
les salons internationaux.
Le VIA a été créé en 1979 à l’initiative
du CODIFA (Comité pour le développement des industries françaises
de l’ameublement), avec le soutien du ministère de l’Industrie.
Depuis trente ans, le VIA a acquis une incontestable notoriété
à travers le monde en révélant les jeunes talents du
design et en permettant à de nombreux designers, aujourd’hui
reconnus sur le plan international, de créer pour le secteur de l’ameublement.
Son action d’incitation, ouverte aux créatifs de toutes origines
et de toutes cultures, contribue à faire de la France, et de Paris
en particulier, une plate-forme d’expression de la création
internationale dans le secteur de l’habitat et du cadre de vie.
Les chiffres clefs du secteur de l'ameublement
Les chiffres de l’année 2006, publiés en janvier 2008.
Les chiffres de l’année 2007, seront communiqués mi-janvier
2009.
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Contact Domovision ®
www.domovision.fr
Informations Presse
VIA / Pauline Lacoste
Téléphone : +33 (0)1 46 28 11 11
Mobile : +33 (0)6 17 67 41 37
Email : lacoste@mobilier.com
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Livre Domovision
Achat du livre DOMOVISION 2009-2014
France : 100€ TTC + 7,72€
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Achat de la collection DOMOVISION
Editions 2007, 2008 et 2009
France : 150€ TTC + 9,84€ TTC (recommandé
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Autre : 150€ TTC + 32,90€ TTC (recommandé AR)
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