ACTUALITÉ
11.02-26.09.10 Matières à cultiver - Saint-Etienne (expo)
29.01.10 Design au banc #1 (table ronde)
22.01.10-07.03.10 Aides à la Création VIA 10 (expo)
16.12.09-01.02.10 VIA Design 3.0 (expo)
27.11.09-03.01.10 fibre[s] Design - Nantes (expo)
14.11.09-03.01.10 Domus : Christmas Design (expo)
09.11.09 Autour de Diogène - Conversation avec Sylvain Dubuisson (table ronde)
17.10.09-28.02.10 Paris / Design en mutation (expo & table ronde)
16-18.10.09 Matières à cultiver - Besançon (expo)
24-27.09.09 100% Design Londres (expo)
| Les Aides à la Création VIA 2009 |
Les Aides à la Création VIA
2009 VIA a reçu mission par les
industriels français de l’ameublement et le ministère
de l’Industrie de promouvoir et de valoriser l’innovation dans
le domaine du cadre de vie. Dans ce contexte, l’innovation est considérée
sous toutes ses formes.
En tout premier lieu sur le plan sociétal, par la prise en considération
des facteurs d’évolution de notre société qui
influencent l’adaptation des produits existants ou la conception des
produits à venir, dans la mesure où ces facteurs agissent
sur les comportements humains, individuels ou collectifs. Les mobiliers
et objets qui composent notre environnement sont ici considérés
comme des accompagnants naturels de nos gestes, de nos mouvements, de nos
déplacements.
Les nouveaux matériaux et technologies, ainsi que les procédés
de fabrication artisanaux ou industriels, constituent le second fondement
de l’innovation. En effet, depuis le début de l’ère
industrielle, les progrès dans ces domaines ont toujours permis d’ouvrir
et de développer de nouveaux champs de création.
Enfin, les facteurs culturels de l’époque sont source d’innovation
puisqu’ils provoquent de nouveaux courants d’impulsion, donnent
du sens aux choses et marquent le temps dans le continuum historique de
la création.
C’est sur cette base que VIA agit comme révélateur des
jeunes talents. La sélection des projets soutenus par VIA en est
l’expression puisqu’elle s’opère suivant les fondamentaux
du design : la pertinence conceptuelle, l’innovation technologique,
l’exemplarité de la démarche sociale et environnementale,
l’originalité esthétique et la faisabilité industrielle.
Dès lors, VIA finance, avec le soutien du CODIFA, du FCBA et des
CRITT Île-de-France, le prototypage des projets.
Au-delà, VIA accompagne le designer durant le développement
de son projet et le met en relation avec les industriels, éditeurs
ou distributeurs susceptibles de le diffuser. De ce fait, les « aides
à la création » qu’apporte VIA, dès l’école
aux étudiants de fin de cycle, puis aux jeunes professionnels, représentent
un atout majeur pour faire connaître les talents de demain. Depuis
sa création il y a vingt-neuf ans, VIA a financé 427 projets
et attribué 64 bourses de recherche.
La Carte
Blanche VIA "Terroirs déterritorialisés" de Philippe
Rahm
Les 13 Aides à Projet VIA
Projet partenarial VIA "Plateau capitons"
de François Azambourg avec Frédéric Morand
Catalogue

La Carte Blanche
VIA "Terroirs déterritorialisés" de Philippe Rahm
Qu’est-ce que la Carte Blanche VIA ?
Dans le cadre de sa mission de promotion et de valorisation de la création
française, VIA attribue chaque année une ou plusieurs «
Cartes Blanches » à des designers dont l’originalité
et la maturité de la démarche créative sont notables
dans l’époque. Une commission, composée de personnalités
du monde industriel, de la distribution, de la création, de l’enseignement
et de la presse, alloue une bourse de recherche au créateur sélectionné
pour développer un projet personnel de caractère prospectif.
Il s’agit d’élaborer un programme d’aménagement
de nos activités quotidiennes fondé sur les nouveaux comportements
de nos contemporains. Le designer bénéficie de l’accompagnement
VIA tout au long du processus d’élaboration du projet. Les
« Cartes Blanches » offrent aux industriels, aux éditeurs
et aux distributeurs l’opportunité de découvrir et
de rencontrer les talents qui créeront le cadre de vie de demain.
"Terroirs déterritorialisés"
L’espace de vie de l’homme contemporain est aujourd’hui
confronté de façon la plus évidente au délitement
voire au renversement complet de l’ordonnancement traditionnel de
ses catégories et de ses équilibres entre intérieur
et extérieur, artificiel et naturel, fermé et ouvert. Le
« naturel » qui se différencie de « l’artificiel
» parce qu’il ne qualifie que la partie du réel qui
n’a pas été modifiée par l’homme, n’existe
littéralement plus. Conséquence du progrès technique
de l’humanité et de son fulgurant développement à
partir de la seconde partie du xixe siècle, c’est aujourd’hui
la planète elle-même, son atmosphère et sa géologie
qui sont transformés en artifice par l’activité humaine
à travers les phénomènes de la pollution et du réchauffement
climatique. Le philosophe allemand Martin Heidegger posait l’origine
de ce phénomène dans le projet de la technique moderne,
laquelle procède de ce qu’il appelait « provocation
» ou « arraisonnement », c’est-à-dire d’une
mise à la raison de la nature, sa domestication. Si la nature était
jusqu’alors sans objectif ni devoir, le projet de la technique moderne
est de la forcer dans une vocation unique, un emploi univoque, une seul
utilité, lesquels lui ôtent par conséquent son indétermination,
son ouverture, son irrationalité. La technique est l’instrument
de cette transformation du naturel vers l’artificiel. L’architecture
en relève, son projet étant celui d’arracher localement
et temporellement un climat et une géographie de leur état
de nature pour les rendre domestiques et raisonnés.
On peut idéalement prétendre qu’il existait autrefois
une dichotomie claire et simple entre, d’un côté, l’intérieur
de la maison, l’architecture, la ville (espace artificiel) et, de
l’autre côté, l’extérieur de la maison,
l’environnement, l’atmosphère (espace naturel). À
l’intérieur, l’architecture était le lieu techniquement
modifié où s’inventait un climat artificiel et une
géographie reconfigurée, aplanie, plus commode, plus confortable,
plus tempérée toute l’année, construisant en
quelque sorte des géologies domestiques et des météorologies
humanistes, lieu de symétrie, d’équilibre et d’homogénéité.
À l’extérieur, l’environnement était
le lieu du climat naturel et de la géographie primitive, imprévisible
et sans mesure, sauvage, celui de la forêt ou de la montagne par
exemple, mais aussi du vent, du froid et de la pluie : asymétrique,
déséquilibrée et hétérogène.
Cette dichotomie n’existe plus aujourd’hui. Cela a commencé
de façon locale avec le phénomène d’exploitation
agricole et de pollution pour s’amplifier de façon globale
et planétaire dans le phénomène actuel du réchauffement
climatique. Sans aucun abus de langage, nous pouvons affirmer que c’est
l’ensemble de la planète et de son climat qui sont devenus
aujourd’hui des produits de l’activité humaine : alors
que nous chauffions autrefois uniquement l’intérieur des
maisons, c’est
aujourd’hui aussi l’extérieur des maisons, c’est-à-dire
l’ensemble du climat planétaire que nous avons chauffé
également, de quelques degrés, dans le phénomène
du réchauffement climatique. L’environnement extérieur,
l’atmosphère terrestre et la campagne, lesquels relevaient
du naturel autrefois, appartiennent dorénavant aussi à la
catégorie de l’artificiel.
Géologie domestique, météorologie
d’intérieur
La réaction au réchauffement climatique est aujourd’hui
celle de la mise en place d’une politique que l’on appelle
« développement durable ». Elle trouve de façon
pragmatique dans le bâtiment des solutions techniques relativement
simples
qui relèvent avant tout d’une diminution de l’énergie
consommée pour le chauffage. Ces techniques reposent principalement
sur une très forte isolation thermique du bâtiment, son étanchéité
parfaite à l’air et la nécessité d’un
renouvellement d’air filtré, contrôlé qui en
découle. Elles induisent paradoxalement un environnement intérieur
encore plus séparé de l’extérieur
qu’autrefois, sans plus de relation immédiate, ni thermique,
ni olfactive, ni sensuelle, avec le contexte local extérieur si
ce n’est filtré, isolé, différé, contrôlé.
C’est un paradoxe : les mesures techniques à prendre en architecture
dans le cadre du développement durable accentuent la rupture moderne
entre environnement extérieur et environnement intérieur.
Notre cadre de vie est fortement bouleversé par ces transformations
de hiérarchies et de rapport dialectique entre le naturel et l’artificiel,
entre l’extérieur et l’intérieur. Si l’environnement
extérieur, en dehors du bâtiment, n’est plus naturel,
alors pourrionsnous faire l’hypothèse d’une «
naturalisation » de l’espace intérieur ? L’environnement
intérieur des maisons pourrait-il se reconfigurer à travers
les enjeux du développement durable et de ses techniques non plus
comme le lieu de l’artifice mais de celui du naturel, c’est-à-dire
de l’asymétrique, du déséquilibre et de l’hétérogène
? Une seconde nature comme géologie domestique et météorologie
d’intérieur.
Si la nature, qui a toujours été par définition exclue
de l’intérieur de l’habitat, est maintenant expulsée
également de
l’extérieur de l’habitat, serait-il alors imaginable
de retrousser la situation et de l’engager dans le cadre de vie
intérieur, de rendre l’intérieur du bâtiment
plus naturel que l’extérieur qui ne l’est plus ? Il
s’agirait alors d’un renversement d’échelle,
de hiérarchie, de classification : ce qui relevait autrefois du
macroscopique, de l’asymétrique, de l’extérieur
à l’habitat, du naturel et de l’atmosphérique,
se retrouvant tout à coup à l’intérieur de
la maison, à une échelle microscopique. La nature ne serait
plus alors en dehors de la maison mais en dedans.
D’une certaine façon, ce retroussement existe déjà
depuis le xixe siècle et il est certainement le programme même
de la modernité tout en étant sa conséquence involontaire.
À l’exemple de l’eau potable de Paris, laquelle provient
aujourd’hui pour moitié de la Seine elle-même, mais
filtrée, nettoyée de telle façon qu’elle est
maintenant plus propre et finalement plus naturelle dans les tuyaux que
dans le fleuve réel dorénavant pollué. Le renversement
est là. L’intérieur des maisons devient – au
niveau microscopique, celui de l’eau dans les tuyaux – le
lieu de résurgence du naturel, du géologique, du non-pollué,
tandis que l’extérieur – au niveau macroscopique, l’eau
dans le fleuve – est devenu le lieu de la pollution, celui de l’artificiel,
produit manufacturé involontaire de l’activité humaine.
De l’époque gallo-romaine jusqu’au milieu du xixe siècle,
l’eau bue à Paris était puisée directement
dans la Seine, jusqu’alors propre, naturelle et potable. La pollution
du fleuve s’est soudainement accentuée au xixe siècle,
accompagnant le développement urbain de la ville jusqu’au
moment de rupture tragique avec l’épidémie de choléra
de 1832. Pour répondre à cette crise, une politique de la
gestion de l’eau (potable et usée) fut mise en place par
le préfet Haussmann à partir de 1854. Dès lors, et
cela jusqu’en 1901, l’eau que l’on buvait à Paris
ne provenait plus du fleuve mais de sources multiples dans le Bassin parisien,
acheminée dans la ville dans des aqueducs fermés. Il a fallu
attendre 1901, avec la construction de l’établissement à
filtration lente sur sable des eaux de Seine prélevées en
amont de Paris, à Ivry-sur-Seine, pour recommencer à boire
l’eau de la Seine. Mais non plus en la puisant directement dans
le fleuve, en extérieur, mais en la prélevant en intérieur,
comme si l’on recréait une deuxième Seine dans les
tuyaux, paradoxalement plus naturelle que la Seine réelle. Dans
le réseau d’eau potable de la ville de Paris coule aujourd’hui
une seconde Seine prémoderne : reformation en miniature d’une
géologie naturelle, non polluée, reproduction chimique d’un
état de nature d’avant 1832.
Notre projet pour la Carte Blanche du Via est celui de ce renversement,
d’un retroussement de l’intérieur vers l’extérieur,
le projet d’une nature que l’on reforme maintenant à
l’intérieur de l’architecture et qui qualifiera sensuellement,
chimiquement, spatialement l’espace intérieur, lui donnant
ses qualités plastiques, olfactives et gustatives. Notre travail
se déploie dans le cadre du développement durable appliqué
au bâtiment selon des objectifs de réduction significative
de la consommation d’énergie dans le bâtiment et une
diminution par conséquent du dégagement des gaz à
effet de serre. Les enjeux élémentaires de l’air et
de la température génèrent dans notre projet de nouveaux
paysages intérieurs, comme une seconde nature, géologique,
végétale, atmosphérique, asymétrique, reformée,
en réduction, au coeur de l’architecture et de ses systèmes
techniques, allant dans le sens des objectifs du développement
durable.
Notre proposition reconstitue chimiquement et météorologiquement
la géologie et l’atmosphère parisienne d’avant
l’apparition de la pollution massive du xixe siècle, comme
une réalité naturelle à la fois filtrée et
régénérée. C’est donc, dans une sorte
de processus à la fois nostalgique et prospectif, une reconstitution
en miniature de la géologie parisienne et de son atmosphère
prémoderne, avec ses couches calcaires à son climat atlantique,
avec ses vents soufflant principalement de l’ouest qui s’érodent
sur les sols calcaires de Normandie, sur le tuffeau blanc des pays de
la Loire tout en s’y imprégnant de leurs parfums calcaires
et de l’odeur des chênes et des châtaignier typiques
de cette pédologie calcaire. C’est aussi un mouvement de
l’air, une direction du vent que nous reproduisons homothétiquement
à l’échelle de la maison; un vecteur du sud-ouest
vers le nord-est, comme une forme invisible de l’air de Paris. Notre
architecture reconstitue ici, au coeur du bâtiment, dans les techniques
du bâtiment liées au développement durable, des terroirs
calcaires.
Elle rend visible la réalité filtrée et recomposée
de l’habitation contemporaine en en augmentant le spectre aux valeurs
géologiques, végétales et atmosphériques.
Une oenologie de l’air
En cela, notre projet s’accorde avec certaines pratiques de l’art
culinaire ou la fabrication des vins, dans la composition des fragrances
et des goûts, par le choix précis des matériaux à
la manière d’une recette de cuisine, d’un élevage
de vin. Ce n’est pas tant l’aspect visuel ou coloré
des matériaux qui nous intéresse que leur nature olfactive,
gustative, chimique et leur assemblage. Notre mobilier se compose d’éléments
corporellement, physiquement, olfactivement qualifiés et d’autres
chimiquement neutres. Ce processus pourrait se rapprocher de la notion
d’élevage tel qu’on la conçoit pour le vin en
oenologie, et que l’on appliquerait ici à l’air et
au cadre de vie intérieur dont il s’agirait alors de transférer
certains objectifs du vin à l’air :
° purifier l’air de ses impuretés,
° faire évoluer ses arômes,
° compléter la structure de l’air par l’apport
de tannins externes.
Certains matériaux sont chimiquement, olfactivement, gustativement
neutres, n’influençant pas le goût de l’air tel
l’acier
inoxydable utilisé pour les casseroles en cuisine ou comme cuve
à vin pour ne pas influencer le goût du vin. Ou le polyéthylène,
un matériau recyclable neutre sans acide, non alcalin et de pH
7 qui n’interfère pas avec les autres matériaux sur
le plan chimique et que l’on utilise dans la conservation des biens
culturels, par exemple, ou dans l’alimentation.
Des terroirs chimiques, électromagnétiques et physiques
déterritorialisés
Notre projet propose de recomposer un terroir en intérieur, dans
la nécessité des techniques du bâtiment, gestion
de l’air, aération avec récupération de chaleur,
chauffage, ventilation. Ce seront alors des terroirs chimiques, électromagnétiques
et physiques en intérieur, des terroirs déterritorialisés,
comme des post-terroirs, lesquels évoqueront chimiquement une nature
de sol, un climat, une exposition au soleil, un parfum, un certain goût
de l’air. La pierre calcaire, de différentes sortes minières,
extraites des sols du Bassin parisien, donnera la direction de l’air
en intérieur.
Une composition précise reprenant en réduction homothétique
la répartition proportionnelle des espèces végétales
arborescentes composant le Bassin parisien, chênes et châtaigniers
principalement, ainsi qu’un peu de hêtres et de pins, donnera
un goût à l’air, tandis que le verre, le polyéthylène
et l’acier inoxydable resteront
chimiquement neutres dans cette composition architecturale, olfactive
et domestique.
Travailler dans les techniques du bâtiment
liées au développement durable
Si notre proposition se dessine avant tout dans l’immatériel,
l’aérien, l’invisible, c’est parce que c’est
bien ici, dans
les techniques du bâtiment, chauffage, ventilation, que se joue
les enjeux de réduction des émissions des gaz à effet
de serre produits par le bâtiment. Car c’est en effet moins
le choix des matériaux qui est aujourd’hui responsable du
réchauffement climatique, que la quantité d’énergie
quotidiennement dépensée dans l’usage pratique de
l’habitat à travers le chauffage ou le rafraîchissement
des espaces. C’est donc à ce niveau-là que nous travaillons,
sur la forme du déplacement de l’air, sur sa qualité
thermique, olfactive, électromagnétique parce que c’est
ici, dans cette part invisible du
cadre de vie que se joue certains enjeux majeurs de notre début
de millénaire. Notre proposition repose sur trois éléments
: une aération douce par renouvellement d’air double flux,
un système de chauffage asymétrique par radiation dédoublée,
une lampe à faible consommation d’énergie. Chacun
de ces éléments répond à trois objectifs de
valorisation de l’espace intérieur: un objectif écologique,
un objectif physiologique et un troisième objectif, formulé
plus haut, celui d’une naturalisation de l’espace intérieur
: la reformulation d’un terroir en dedans du bâtiment. Et
c’est ici l’atmosphère des terroirs calcaires parisiens
que nous cherchons à reproduire en intérieur : un «
air de Paris », une « lumière parisienne », prémoderne.
Et c’est alors aussi une certaine temporalité d’avant
le dégagement anthropique dans l’atmosphère des gaz
à effet de serre, fixée autour de 1831, que l’on se
met à répéter perpétuellement. L’environnement
intérieur de la maison devient une sorte de fantôme décalé
temporellement de l’environnement extérieur, une sorte d’uchronie
d’un Paris « où le réchauffement climatique
n’aurait pas existé » ; distorsion à la fois
temporelle et d’échelle, en intérieur, d’un
temps, d’un air, d’une lumière de Paris que l’on
répète à l’infini, dans la maison, dans la
nécessité des techniques du bâtiment.
Par son inscription historique, son référencement au localisme,
ce travail renoue avec certains motifs projectuels du
postmodernisme des années 1970-1980, dans sa dimension symbolique,
imaginaire et narrative. Mais il s’agirait alors d’une sorte
de postmodernisme chimique presque culinaire, au coeur même de la
matière et de ses phénomènes.
TOP 
Les 13 Aides à Projet VIA
Qu’est-ce qu’une Aide à Projet VIA ?
Dans son rôle de découvreur des jeunes talents, VIA analyse
tous les projets qui lui sont adressés spontanément tout
au long de l’année par les designers. Une commission, composée
de personnalités du monde industriel, de la distribution, de la
création, de l’enseignement et de la presse, examine tous
les projets et sélectionne ceux d’entre eux dont les qualités
conceptuelles, techniques, esthétiques et environnementales s’avèrent
les plus pertinentes et innovantes. Un financement pour la réalisation
d’un prototype est alors alloué. Il permet un dialogue plus
concret entre le designer et les fabricants ou les éditeurs, dans
le but de favoriser un débouché commercial. L’Aide
à Projet VIA constitue, de ce fait, un mode d’expression
privilégié pour tous les jeunes diplômés des
écoles de création. Au-delà de l’action de
promotion qu’opère VIA, les designers
bénéficient de l’assistance VIA pour entrer en contact
avec les entreprises de production. Pour les industriels, les éditeurs
et les distributeurs, l’aide à projet VIA offre autant d’opportunités
de découvrir et de rencontrer les talents qui créeront les
produits de demain.
Chaises empilables "Air chair" de Samuel
ACCOCEBERRY
Air Chair Samuel Accoceberry La technique repose sur l’emboîtement
ajusté au plus près des sept lattes de bois courbes
de hauteur décroissante. Le feuilletage de ces lamelles constitue
le dossier, sa réunion en partie basse forme le piétement
arrière. L’apport de matière est réduit à
l’essentiel, toutefois le rythme donné par le jeu des lattes
impose un effet visuel. L’empilement des Air Chairs offre, en plus
du gain de place, un jeu graphique et coloré. Le bois, matériau
unique et recyclable, est mis en oeuvre avec une colle biologique.
Elément de mobilier d'extérieur
"Arbre à table" de Blackmamouth
(Mathieu GALARD, Cédric HABERT et Frédéric POISSON)
Simplement moulée, la feuille de béton, utilisé
comme mono-matériau, vient s’accoter au tronc d’arbre,
appui naturel et indissociable de cette console. Lisse, le plan horizontal
est incurvé en son centre pour l’écoulement de l’eau
et faciliter son entretien. La texture grainée du piétement
vertical favorise la colonisation des lichens et ainsi son insertion dans
le milieu naturel. Base utilitaire pour effectuer une pause ou partager
des instants conviviaux, l’Arbre à table s’inscrit
dans le mobilier urbain ou dans un jardin particulier. D’une technique
élémentaire, la fabrication du béton est réalisable
localement limitant l’impact écologique du transport.
"Lampe grimpante" de
Joran
BRIAND
Livré en kit, le principe repose sur des réglettes
fluo associées les unes aux autres par une articulation tridimensionnelle.
L’usager choisit le nombre de modules utiles – avec un maximum
de huit – et dessine ainsi librement une chaîne lumineuse
dont le graphisme naît des contraintes de l’espace. Des points
de fixation lui permettent de suivre mur et plafond. Chaque réglette
est elle-même orientable pour une qualité optimale d’éclairage
au gré des besoins. La technologie fluo a été choisie
pour le bon ratio entre la durabilité, la consommation et le coût
de ses composants.
Bibliothèque "Unit" de Itamar
BURSTEIN
Exclusivement composée de bois, la bibliothèque Unit
est une solution évolutive qui grandit au fur et à mesure
des besoins grâce à l’achat raisonné des modules
nécessaires. L’assemblage de deux pièces de bois chevillées
constitue l’ossature de l’ouvrage. Le profil des éléments
dessine des lignes continues évitant un effet de rupture. Les différentes
options de combinaisons offrent une liberté décorative et
fonctionnelle.
Assise "Lamellé décollé" de Salomé
FONTAINIEU et Godefroy DE VIRIEU
Interprétation inédite du lamellé-collé,
le lamellé-décollé offre une souplesse maîtrisée.
Les zones exemptes de collage accompagnent le mouvement jusqu’au
point où elles se figent en tension. Cette technique tire judicieusement
parti des propriétés techniques du bois. Ce procédé
contribue à une esthétique à la fois sophistiquée
et discrète.
Chaise à bascule "Dancing' chair" de Constance GUISSET
La structure graphique en rubans de lattes de bois délimite
un volume ample et léger sur lequel s’emboîte une coque
tapissée. L’intérêt de Dancing Chair, interprétation
contemporaine du rocking-chair, réside dans l’excellence
de sa facture.
Poubelle de tri sélectif "Tri3" de Constance GUISSET
et Grégory CID
Cette poubelle est une réponse à la question de la
gestion du tri sélectif au quotidien. La superposition des trois
réceptacles, commandés chacun par une pédale dédiée,
permet de limiter l’encombrement au sol. Deux des bacs se déportent
de l’axe central selon des angles différents, l’un
en bas pour le verre, l’autre au milieu pour le papier. Pour les
déchets organiques, le capot du haut se soulève simplement.
La cinématique des mouvements, élaborée à
partir de la gestuelle d’usage, est mise en oeuvre grâce à
un système complexe.
Chauffeuse "Sesta" de Bruno
HOUSSIN
Le principe innovant de l’assise réside dans le thermoformage
simultané d’une coque polyester, d’une mousse et d’un
tissu. L’association en sandwich de ces trois matériaux offre
solidité, finesse de section, liberté plastique et confort
d’accueil. La garniture textile affranchie de toute couture participe
à la clarté de la ligne du siège. Coque et structure
dissociables et empilables facilitent le transport et le stockage.
Chaise "Twin chair" de Philippe
NIGRO
Sur l’idée du deux en un, ces chaises jumelles demeurent
fonctionnelles une fois empilées. La difficulté de cette
association réside dans la juxtaposition de deux matériaux
aux propriétés physiques différentes. L’ajustement
des deux chaises nécessite de réduire la matière
au maximum de sa résistance mécanique et requiert la maîtrise
des deux savoir-faire que sont la menuiserie et la serrurerie. Réalisées
chacune à partir d’un matériau unique, le bois ou
le métal, les Twin Chairs sont aisément recyclable.
Piètement de table "Tréteau 2" de Philippe
NIGRO
À l’instar des tréteaux, cette solution de
piètement permet de s’adapter à tout type de plateaux
– épaisseur, largeur, longueur, matériau variables
– d’une part grâce à un système d’accroche
de type serre-joint et d’autre part à un principe de coulisse
autorisant le réglage en largeur. Si ce dernier est d’une
longueur importante, trois piètements peuvent être mis en
oeuvre. Réalisés en acier plié et soudé,ces
supports universels transfèrent dans l’habitat les codes
de l’atelier. Ils permettent des installations personnalisables,
pérennes ou réversibles.
Table "Mesh" de Antoine
PHELOUZAT
La table Mesh offre de multiples fonctionnalités –
rangement, repas, travail – et sa conception repose sur la technologie
industrielle habituellement appliquée à la fabrication des
caddies. L’enjeu de Mesh est de transposer, dans des configurations
plus libres, cette technologie à l’habitat et de dépasser
les dimensions généralement permises par ce procédé
de fabrication. La grille est réalisable en acier recouvert de
peinture Époxy ou en Inox électro-poli dont la fabrication
est exempte d’agent chimique toxique.
Suspension "Corniche" de Renaud
THIRY
La fabrication de ses composants repose sur le procédé
industriel des profilés aluminium extrudé. Ces profilés
s’insèrent dans la décoration intérieure comme
le font les moulures dont Renaud Thiry a interprété les
codes esthétiques. L’apport décoratif est conféré
par le profil et la couleur, ceux-ci peuvent dialoguer avec le mobilier
et/ou l’architecture. La fonctionnalité est assurée
par l’intégration d’un tube fluorescent dans chaque
segment de Corniche. Une étude d’implantation est réalisée
préalablement à la découpe du profilé, le
produit encore semi-fini est ensuite composé sur site.
Table de chevet "Pélican" de Marc
VENOT
Marc Venot explore la gestuelle et le rangement des objets quotidiens
associés à la table de chevet. Un geste de la main entraîne
la rotation du réceptacle autour de la vis centrale et en libère
ainsi l’ouverture. Le geste contraire le referme. Le plateau fixe
fait office à la fois de couvercle et de table d’appoint.
Pélican est réalisé en bois et acier chromé
à l’extérieur et est laqué à l’intérieur.
Le principe est déclinable en dimension pour d’autres usages.
TOP 
Projet partenarial VIA "Plateau
capitons"
de François Azambourg avec Frédéric Morand
Qu’est-ce que le Projet Partenarial VIA ?
Le Projet Partenarial VIA offre la possibilité à un designer
de développer un projet en partenariat avec un producteur à
partir de technologies et/ou de matériaux innovants. Il se donne
pour objectif de favoriser les transferts de technologies et de
compétences dans le but d’en expérimenter la mise
en oeuvre dans le secteur d’activité de l’ameublement
et de l’aménagement du cadre de vie.
"Plateau capitons"
Le duo a mené une recherche sur les matériaux composites
renouvelables. Le lin a été retenu pour ses propriétés
mécaniques – comme sa résistance à la torsion
–, sa légèreté, son faible coût. Le végétal
est ici travaillé en panneau,
composant essentiel de la production industrielle du mobilier. Entrecroisées
selon des axes multiples, les fibres de lin sont tissées avec du
polyamide. Ce tissu à double paroi est introduit dans un moule
et mis en forme par l’injection d’air chaud sous pression.
Celui-ci fait fondre le polyamide qui lie intimement les fibres de lin
entre elles à l’instar d’un composite traditionnel.
En refroidissant, la structure se cristallise et se rigidifie. Le panneau
présente la qualité inédite d’un textile en
trois dimensions, dont le potentiel de déclinaisons de textures
et de teintes est large. François Azambourg et Frédéric
Morand (DCS) affirment ce procédé par la réalisation
d’un plateau de table qui en démontre toutes les qualités
: performance techniques, économie et pérennité d’un
matériau innovant. Ce procédé inédit, dont
François Azambourg est l’auteur, fait l’objet d’un
brevet.
Pour de plus amples informations concernant les Aides à la Création
VIA 2009 (Carte Blanche, Aides à Projet, Projet Partenarial, biographies
des créateurs, commissions de sélection, partenaires, prototypistes,
interlocuteurs VIA...), consultez le catalogue
en ligne ou achetez le directement ci-dessous.
Catalogue
Achat du CATALOGUE DES AIDES A
LA CREATION VIA 2009
France : 20€ TTC + 7,72€ TTC (recommandé
AR)
Europe : 20€ TTC + 13,90€ TTC (recommandé AR)
Autre : 20€ TTC + 15,90€ TTC (recommandé AR)